Interview d’Aurélie, fondatrice et CEO de Troov

Interview d’Aurélie, fondatrice et CEO de Troov
Date de publication : 27/06/2018
Pouvez-vous vous présenter rapidement?
Je m’appelle Aurélie Toubol et je suis CEO de la startup Troov. J’ai étudié à l’Ecole Normal Supérieure de Cachan, puis à l’ENSAE (Ecole National de la Statistique et de l’Administration Economique). Après mes études, j’avais envie d’entreprendre, mais toutes les conditions n’étaient pas réunies. J’ai alors travaillé 4 ans chez Bain, un grand cabinet de conseil. Cela a été une excellente opportunité pour moi de travailler dans différents secteurs et cela m’a permis d’acquérir plusieurs compétences qui me sont aujourd’hui très utiles. Ces quatre années m’ont permise de maturer mon projet et de trouver des associés. Je me suis alors lancée !
Comment cette idée vous est-elle venue?
Cette idée provient d’une expérience personnelle. J’ai perdu mon portefeuille la veille d’un départ en vacance, et j’ai rapidement réalisée qu’il n’existait aucune plateforme web pour faire face à ce type de problème. Quand cela m’est arrivé, trois personnes différentes m’ont contacté via trois canaux différents : la police, les réseaux sociaux, et par le biais de mon école. Je me suis alors rendue compte qu’il y avait beaucoup de personnes honnêtes en France et que c’était dommage qu’il n’existe pas un canal rapide pour pouvoir facilement rendre un objet trouvé.
À quel moment vous êtes-vous dit que vous aviez besoin d'un associé? Pourquoi ne pas être passé par un freelance ou une agence?
Avec Grégoire, mon premier associé, qui a un profil commercial et 10 ans d’expérience dans l’hôtellerie restauration, nous nous sommes vite rendus compte qu’il nous manquait des compétences techniques. Deux possibilités s’offraient alors à nous : soit on cherchait un associé, soit on faisait appel à une société externe. On a rapidement réalisé que l’on ne voulait pas prendre de prestataire car nous voulions une personne présente sur le projet à long terme, qui pouvait nous apporter sa vision stratégique et nous donner des feedbacks sur nos idées techniques. On voulait intégrer toutes les nouvelles technologies possibles : le Machine Learning, le data analytics, etc. Si nous prenions un freelance par exemple, cela voulait dire qu’il allait exécuter nos requêtes / maquettes sans chercher à nous challenger.
Comment votre recherche d'associé s'est passée sur Cofondateur?
Au début, nous ne savions pas vraiment comment nous y prendre. On ne connaissait aucun développeur dans notre entourage. Un entrepreneur nous a parlé de Cofondateur.fr et on a décidé de tenter le coup. A partir de là, tout s’est déroulé assez simplement. On a sélectionné des personnes qui pouvaient nous correspondre, en fonction des technologies qu’elles maîtrisaient. On a ensuite passé plusieurs appels téléphoniques. Cela n’était pas évident pour nous car nous voulions tester les compétences techniques, la capacité de la personne à rejoindre notre équipe, à être entrepreneur et son intérêt pour le projet. Lors de notre deuxième appel, on a tout de suite eu le feeling. Il s’agissait d’Ibrahim, notre CTO actuel. Ce dernier avait pris le temps de réfléchir au projet avant notre premier entretien et a donc immédiatement pu faire des commentaires pertinents. Il nous a ainsi démontré qu’il avait de l’intérêt pour le projet, qu’il n’avait pas peur de nous challenger et surtout qu’il soulevait les mêmes points que nous. On a passé une bonne heure à discuter du projet, de l’adhésion et de ce qu’il avait envie de faire. Ensuite, nous nous sommes rencontrés et on a commencé à travailler ensemble.
Est-ce que vous avez attendu un peu avant de vous associer?
Nous avons choisi de faire les choses de manière structurée et flexible. Nous avons commencé à travailler ensemble et nous avons établi un contrat qui nous donnait trois mois pour savoir si nous étions tous satisfait de cette collaboration. Il était important pour nous qu’Ibrahim se sente également à l’aise dans l’entreprise et la décision lui appartenait donc autant qu’à nous. Notre contrat prévoyait une cession de part au bout des trois mois si nous acceptions tous de travailler ensemble, et si les objectifs prédéfinis avaient été atteint. A l’inverse, si l’une des deux parties ne souhaitait pas continuer, on avait prévu de dédommager Ibrahim pour le temps qu’il avait passé sur le projet.
Aujourd'hui, vous travaillez en remote?
Tout à fait. Aujourd’hui, Ibrahim a toujours un emploi à temps plein, et travaille sur Troov pendant son temps libre. Grégoire et moi, par contre, nous travaillons sur le projet à temps plein à Neuilly-sur-Seine. Nous nous sommes alors organisés pour que cela fonctionne et nous travaillons à distance. Cependant, on se voit quand même une fois par semaine. De plus, Ibrahim aura plus de temps au cours de l’été pour venir travailler avec nous au Neuilly Lab, notre incubateur.
Concernant la répartition des parts, combien de temps avez-vous mis pour vous mettre d'accord? Sur quels critères vous êtes-vous appuyés?
Avec Grégoire, nous avons fait une proposition équitable et flexible à Ibrahim. Ce n’était pas évident au début de donner des parts à quelqu’un qu’on ne connaissait pas. Du coup, nous lui avons proposé un contrat qui comportait plusieurs paliers de cessation de part. En fonction du temps qu’il investit et du nombre de fonctionnalités qu’il ajoute sur la plateforme, il monte en capital. Ainsi, au bout de trois mois il a eu ses premières parts dans la société, et ensuite il continue à en gagner et à monter en capital régulièrement. Ses parts dépendent directement de son travail. Nous avons bien fait de rester flexible puisqu’Ibrahim a largement été à la hauteur des objectifs initialement définis.
Que pourriez-vous conseiller aux membres de cofondateur pour une rencontre réussie quand ils sont dans cette démarche de recherche d'associé? Quelles sont les erreurs à éviter selon vous?
Le recherche d’un CTO est très stressante. Avec Grégoire, on avait fait une liste de critères à remplir. Mais on s’est vite rendu compte qu’il faut se faire confiance. Il ne pas hésiter à favoriser le côté humain et le feeling qu’on a avec la personne. En effet, même si Ibrahim maîtrisait les technologies qu’on voulait, si nous avions eu des difficultés à travailler ensemble, cela n’aurait pas fonctionné. Il faut avoir confiance en la personne. Mon deuxième conseil porte davantage sur la partie contractuelle. Comme je vous l’ai dit, ouvrir son capital à un stade très préliminaire est compliqué. Avec notre contrat, nous sommes restés flexible et nous avons laissé toutes les options ouvertes. C’était rassurant pour tout le monde, notamment pour Ibrahim.
Auteur :
Valentin Brulin

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